La qualité d'un ensilage se joue en quelques heures seulement, mais ses conséquences se mesurent pendant toute l'année. Une récolte trop tardive, un tassement insuffisant ou un bâchage mal réalisé peuvent entraîner des pertes de matière sèche, une baisse de la valeur alimentaire du fourrage et des échauffements au silo.
Dans les conditions des Hauts-de-France, l’objectif se situe généralement autour de 32 à 34 % de MS plante entière. C’est le meilleur compromis entre rendement, valeur alimentaire, facilité de tassement et conservation.
2. Observer le grain suffisamment tôt
Commencez les observations trois à quatre semaines après la floraison. Lorsque la lentille vitreuse apparaît au sommet de la majorité des grains, la parcelle se situe généralement autour de 25 à 26 % de MS. Il reste alors souvent une quinzaine de jours avant la récolte.
3. Ne pas se fier uniquement à la couleur des feuilles
C’est le grain qui commande, mais son observation doit être complétée par l’état de la plante entière et, si possible, par une mesure de matière sèche. Une plante desséchée ne signifie pas toujours que le grain est mûr.
4. Rechercher un rendu à l’auge de 8 à 10 mm
La longueur affichée sur l’ensileuse n’est qu’un réglage théorique. Il faut contrôler le résultat réel après reprise et mélange. Le réglage interne de 14 mm à 32-34 % de MS peut donc être retenu comme point de départ Plus le maïs est sec, plus la longueur de coupe doit être réduite pour faciliter le tassement.
5. Éclater tous les grains
Tous les grains doivent être attaqués par l’éclateur et au moins trois grains sur quatre doivent être fractionnés en quatre morceaux ou davantage. Un grain entier retrouvé dans les bouses représente de l’amidon mal valorisé.
6. Faire du silo le chef du chantier
Ce n’est pas l’ensileuse qui doit imposer le rythme. Le débit des remorques doit rester compatible avec la capacité d’étalement et de tassement. Il vaut mieux ralentir le chantier que remplir trop vite un silo impossible à compacter.
7. Étaler en couches de 10 à 15 cm
Les couches fines permettent d’évacuer davantage d’air. Comme point de repère, prévoir environ 400 kg de poids de tassement par tonne de matière sèche entrant au silo chaque heure. Pour un débit de 36 tonnes de MS par heure = 14,4 tonnes de poids de tassement mobilisable.
8. Adapter la densité au taux de matière sèche
À environ 32 % de MS, viser au moins 220 kg de MS/m³. Lorsque le maïs atteint 34 à 35 % de MS, l’objectif se rapproche plutôt de 240 kg de MS/m³ ou davantage. Plus le fourrage est sec, plus il est difficile à tasser.
9. Bâcher immédiatement
Le silo doit être couvert dès la fin du tassement, sans attendre le lendemain. Associez un film de contact ou une bâche barrière à l’oxygène, une bâche extérieure résistante, un filet de protection et un lestage continu.
10. Laisser fermenter et organiser la transition
Lorsque les stocks le permettent, laissez le silo fermé 8 à 12 semaines. À l’ouverture, prévoyez une transition de deux à trois semaines entre l’ancien et le nouvel ensilage, puis ajustez la ration à partir d’une analyse du fourrage.